Vies et ombres de Koffi BOKO

ImageLe centre culturel Hakuna Matata d’Adidogomé(Lomé) était en fête littéraire ce samedi 22 septembre 2012. Hier donc ! A 15h30min, aux premières loges, les éditions Awoudy et M. Koffi BOKO dont le recueil de  Nouvelles a été présenté au public.

ImageLa présentation de l’œuvre était assurée par M. SEKOU Kadjangabalo, dramaturge et proviseur du lycée AdidogoméII, qui, de sa voix imperturbable, a renseigné au  public que Vies et ombres est un recueil de quatre Nouvelles  que sont La fille du quai, Sur l’avenue des Sèvres, L’imposture, et  Venin d’amour. Le présentateur a également  souligné que «l’écriture de Koffi BOKO est riche de clins d’œil, de catimini et de sous-entendus qui font de lui un maître de la parole qui parle avec sagesse… » Nous avons  d’ailleurs  pu le remarquer lors des interventions de l’auteur lui-même. En effet, aux questions posées et aux remarques faites par divers intervenants, le nouvelliste donnait ses éléments de réponses  tantôt  avec sobriété et précision délicates, tantôt avec ironie et franchise amusantes. Et cela au bonheur de l’assistance qui comptait, en son sein, Joseph Kokou KOFFIGOH etTogoata ApedoAmah Imagequi a apprécié l’ouvrage en ces termes : « Ce qui m’a plu chez Koffi BOKO, c’est la psychologie de ses personnages et surtout la réflexion que suscite sa dernière nouvelle qui rappelle une fois encore qu’un prince qui prive son peuple de justice, se prive de liberté »

ImagePar ailleurs, cette soirée a enregistré  une lecture de deux extraits dont je vous propose ici le second :

« L’officier de l’Etat civil qui semblait bien connaitre Torez fit sa liturgie : « les époux se doivent bisous et bombons… » Et puis…et puis…

A la question, « quel type de mariage ? » Torez répondit : « sans contrat ». «  Et les bagues ? » Torez répondit encore : « j’en suis allergique ».

Le maire poursuivit sa cérémonie. Il finit par l’autorisation faite aux époux de s’embrasser. Cela dura quelques petites secondes. L’assistance fut surprise. Nous posâmes pour des photos. Torez exigea plus de photos.  Le sort venait d’être scellé. Azana se félicitait. Elle laissait entendre qu’elle était devenue quelqu’un d’important. Torez qui avait déjà pris du maire l’acte de mariage, s’était mis dans une tristesse effroyable. A l’examen, en effet, l’acte de mariage portait une erreur sur la couleur de ses yeux. Il était furieux. Il retourna voir le maire qui lui promit la rectification dans la même journée. Evidemment à Yemville, de pareilles choses étaient trop petites pour tracasser un citoyen et à fortiori une Autorité.

A seize heures, une réception fut organisée en l’honneur de la femme du Blanc. Elle était exigeante. Ses goûts se diversifièrent. Il n’est pas facile d’être dans la peau d’une reine. Elle commanda et recommanda : les frites croisèrent les cuisses de poulet. Elle voulait porter toutes les couronnes. Elle avait fait de nombreux appels informatifs. Son cœur lui dictait des choses avec une passion peu paisible. Elle parlait sans pause. Elle s’imposait à toutes les volontés. Elle se permettait de prendre des rendez-vous avant même d’en parler au Blanc. Elle soulevait la poussière proprement. L’alcool l’avait conquise. Un désordre infernal acheva de dominer sa vie. Son attitude violait l’ordinaire. Elle manifestait sans hésiter son dédain à toutes suggestions. Toute intuition était pour elle une vérité d’évangile. Elle se dressait sur ses ergots et menaçait. Elle avait des propos verts et imberbes. L’environnement empesté, par elle créé, confinait tout le monde dans une sorte de claustration où le désarroi était roi : la peste. Une foule stupéfaite devenue hébétée comme les fidèles devant le mur des lamentations de Jérusalem avait assisté au macabre spectacle. »

Koffi BOKO, Vies et ombres, Lomé, éd. Awoudy, 2012, pp. 22-23

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7 commentaires sur “Vies et ombres de Koffi BOKO

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  1. D’abord je félicite mr boko pour la sortie de son recueil.Ce fut une grande joie pour moi d’apprendre que le prof que j’admire tant a amboité le pas des géants de lalittérature,je n’en revenais pas.J’èspère lire bientôt ce fameux livre,dont la recherche semble difficile.

    1. Du vent en poupe comme la littérature togolaise elle-même! cher Mawuéna Koffi on devra ensemble réfléchir sur les méthodes pour vulgariser davantage cette littérature togolaise en interne!

    1. Cela me fait plaisir de vous savoir témoin de ce que je dis et j’avoue en même temps que les photos ont été prises par un ami qui, d’un coup d’essai a réalisé un coup de maître. il se reconnaîtra, chapeau!

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