Agba de Landa raconte le Salon International du Livre d’Alger 2014

agLecteurs et lectrices, voici un bel article que nous offre le romancier togolais Essowédéou Agba, plus connu par son nom de plume Agba de Landa. Il était l’un des invités du dernier Salon International du livre d’Alger (SILA) qui a lieu du 30 octobre au 8 novembre 2014. L’auteur y a présenté ses trois romans

  • Si l’idée ne germe, Éditions NEA-Togo, 1999.
  • Les Germes étouffées, Éditions Graines de Pensées, 2005.
  • La Ballade des misères, Paris, Jets d’encre 2011.

Mais l’auteur y a, surtout, rencontré  du monde, découvert un autre rapport à la littérature.  Expérience inoubliable et enrichissante qu’il met en mots à travers cet article intitulé « Né de nouveau à Alger ».

Alger la Blanche mérite bien son nom surtout lorsqu’elle s’offre à la vue du voyageur d’en haut. Moi qui ne la connais qu’à travers les célèbres romans d’Albert Camus et de la description qu’il en fait de ses quartiers tels que Belcourt et Bab El Oued, je suis frappé par la blancheur harmonieusement  immaculée des maisons distinguables au fur à mesure que le pilote, par une sorte de mouvement circulaire comme pour faire la connaissance des lieux, amorce sa descente. Je passe d’une surprise à l’autre quand l’agent de l’immigration à qui je tends mon passeport me délivre illico presto un sauf conduit diplomatique. Eh oui point de visa pour les Togolais débarquant en Algérie ! De plus, le personnel se plie en quatre lorsqu’on est comme moi titulaire d’un passeport diplomatique. En me tendant le document, l’agent me demande, sourire aux lèvres, les raisons de ma visite : « Je suis invité au Salon International du Livre d’Alger », lui dis-je. « Êtes-vous écrivain ? ». J’opine de la tête. « Bienvenu chez nous ». Sa question et ce Chez nous dit avec un accent de fierté non dissimulée me font faire deux réflexions : Lui, l’agent subalterne, assis derrière son mur de glace, dont la fonction première et essentielle est d’apposer des tampons, même lui est au courant d’un événement censé ne concerner qu’une certaine élite. La deuxième pensée qui me vient ensuite est d’une teneur plus grave et me renvoie à l’histoire de l’Algérie contemporaine. Le peuple algérien ayant acquis son indépendance de haute lutte ne boude pas sa fierté ; et ce policier se sent légitimement propriétaire d’une parcelle de son pays et le fait savoir. Qui lui en voudrait ? Pas moi. Le civisme ne s’apprend pas. Il doit être dans les gènes transmis de génération en génération par tout un processus historique, par des comportements abnégationnels qui donnent envie à ceux qui, horizontalement ou verticalement, suivent.

Ma surprise est encore plus grande lorsque je vois l’empressement du petit comité venu m’accueillir. Mes valises récupérées, je me retrouve enfoncé dans une Volkswagen berline noire, ultra moderne, solide à la prussienne. Il me faut me pincer pour m’assurer que je suis bel et bien le destinataire de tous ses honneurs, moi l’écrivain ignoré, comme bien d’autres, dans mon propre pays ! A mon regard ébahi, à ma bouche bée, à mes multiples interrogations, mes hôtes ont l’air de  répondre : « Que nous importe le traitement fait au livre et à ses acteurs chez toi. Pour nous, il n’y a d’Homme que sa pensée et cette pensée est captée dans les livres ». Waouh, on y est ! Cet engouement autour du livre, dont je parle plus loin, est finalement et simplement la quête de l’Homme, de son identité, de sa destinée.

Me voilà allant à l’hôtel à travers avenues et boulevards se coupant à angle droit, se croisant par échangeurs interposés, lesquels obéissant à une rationalité algébrique. Le temps de réaliser, je suis déjà à mon point de chute (des infrastructures routières bien faites rapprochent les distances, font gagner du temps et le temps, dit-on, c’est l’argent. À bon entendeur…). Cet hôtel, c’est le Hilton s’il vous plaît ! La réception me tend une clé électronique et me dit avec emphase : « M. AG-BA, bienvenue chez nous (encore !). Vous êtes au 731 avec vue sur la Méditerranée. Vous êtes en pension complète ». La totale quoi ! Trêve de plaisanteries, quoique, c’est du sérieux.

Avant d’en venir à la raison pour laquelle je prends ici ma plume, c’est-à-dire le salon lui-même et l’effet extraordinaire qu’il a sur moi, je me dois de faire un aveu. Lorsque mon éditrice, de sa voix fluette, me dit au téléphone : « Isaac (Tiens, c’est mon prénom « importé »), tu es notre invité au salon du livre d’Alger 2014. Peux-tu y aller ? ». Un peu surpris, je fais la moue et dis néanmoins ma disponibilité tout en me perdant en conjectures : un salon du livre dans un pays du tiers monde, qui plus est en Afrique, quelle belle rigolade ! On nous a appris à manger avant de philosopher… Et s’il s’agit de voyager pour voyager, cela vaut-il vraiment le coup ? J’ai la chance de le faire assez souvent dans un autre cadre. Et quand bien même, il y aurait quelque intérêt à faire ce voyage, moi j’ai décidé, d’ores et déjà, de jeter l’éponge, d’arrêter ma jeune carrière d’écrivain. J’ai publié trois romans dont les critiques ne sont pas mauvaises globalement. Un manuscrit achevé depuis avril 2014 attend dans mes tiroirs. Si je réussis à l’éditer, ce serait la fin définitive. On n’écrit pour être lu, pour partager ses émotions, pour donner sa vision des hommes et des choses, pour dire aux générations présentes et futures le monde tel qu’on le souhaite. Pour moi, sous nos cieux, le romancier, le poète n’écrit pas pour amuser la galerie. Il doit, entre autres, rappeler à ceux qui ont la fâcheuse tendance à trop les oublier, leur nécessaire humanité, leur humaine condition, une humaine condition si fragile et si éphémère.

Après SILA 2014,  je suis heureux d’avoir tort d’hésiter au départ.

arton663Le Salon International du livre d’Alger (SILA) 2014 a lieu du 30 octobre au 8 novembre. Il réunit outre le pays organisateur, 43 pays étrangers dans un palais des expositions de 20 000 m2 avec 926 exposants ; troisième au monde, il est le premier francophone avec par exemple 1 300 000 visiteurs en 2013. En comparaison, le salon du livre de Paris ne dépasse guère, bon an mal an, 300 000 visiteurs pour la même durée de temps. Un budget de 160 millions de dinars algériens soit environ 800 000 000 de francs CFA sont consacrés à son organisation.

Ce qui frappe l’invité et l’observateur que je suis, c’est l’engouement pour le livre. Beaucoup de familles, sinon toutes, prévoient un budget spécial à cette occasion unique où les ouvrages sont moins chers que d’habitude. Débarquant de tous les Wilayas du pays, on les voit par grappes entières arpentant les allées du salon lourdement chargés non pas de victuailles pour remplir la panse mais de ces supports d’idées afin d’alimenter et oxygéner l’esprit. Tous les stands sont pris d’assaut, du premier jour jusqu’au dernier. Personnellement, le rapport au livre du peuple algérien au cours de ce salon me touche par deux faits qui me donnent des émotions fortes : d’abord, l’impressionnant cas du sieur Lounes KHIR, un non voyant complet. Il visite comme à son habitude l’espace Panaf, l’auteur que je suis et mes œuvres exposées lui sont présentés. Il me demande lequel de mes romans lui conseillerais-je ? Le temps de lui faire un résumé succinct de chacun d’eux afin de se faire sa propre opinion, il me dit « Aller, j’achète les trois ». Je les lui dédicace. Quelques secondes après, nous tombons dans les bras l’un de l’autre, instant immortalisé par une belle photo. Le deuxième cas est celui d’un garçon d’à peine 11 ans. Il suit un débat télévisé auquel je participe. Il dit à ses parents qu’il lui faut  La ballade des misères.agba Le lendemain, après l’école, voilà père et mère flanqués de leur fils au salon. Devant mon scepticisme à voir cet enfant pouvoir lire un tel roman, le père me fait « il en a l’habitude, j’espère seulement qu’il n’y est pas écrit des histoires licencieuses ». Je lui donne ma parole que non. Je reste secoué. La morale de l’histoire, c’est que de retour, je réduis considérablement le temps des jeux vidéos de mes enfants et encourage davantage la lecture.

Depuis quelques années déjà, une passerelle est jetée entre la littérature subsaharienne et la littérature maghrébine. Un stand entier est consacré à la première : l’espace PANAF. Je voudrais humblement rendre un hommage appuyé à ses promoteurs passés et présents et plus particulièrement à ceux que j’ai vus à l’œuvre, Samia, Salim, Karim ; ce dernier toujours disponible, toujours présent pour régler le moindre détail tel que s’assurer que les tickets de restaurant sont remis à tous, ou tel qu’organiser des événements plus nobles comme des émissions radios ou de télévision pour les auteurs. Chapeau bas à tous.

L’espace Panaf connait cette année le passage des noms célèbres de la littérature noire africaine. J’ai le loisir de croiser, hélas furtivement, mon compatriote Sami Tchack, le Camerounais Eugène Ebodé, rater de peu le ministre écrivain Djombo du Congo Brazzaville. Toutefois, c’est un plaisir de partager des instants merveilleux avec des auteurs peut-être moins connus que ceux-là, mais dont la richesse d’écriture n’a pas à pâlir. Quel bonheur d’entendre la dynamique Marie Julie Nguetse haranguer la foule pour attirer l’attention sur ses œuvres : « Je suis Camerounai-ZEU,  je suis écrivai-NEU, scénaris-TEU, comédien-NEU », etc, etc. Que dire de sa compatriote, la peulh Amal Djaïli. Je frémis encore à sa douce voix pleine de miel. C’est fou comme la fiction peut rejoindre la réalité et parfois la dépasser. Dans mon dernier livre (à paraître), voici ce que j’écris des filles peulhs : « À  leur tour, elles passaient ces libellules, gemme de beauté, d’allure, de classe, de race. […] L’objectif logé dans mes yeux put alors saisir à loisir tous les instants contenus dans ces figures juvéniles dont je me demandais si la fontaine de jouvence s’épuiserait un jour tellement cette fraîcheur dégageait un parfum d’intemporalité… » C’est tout Amal. Je ne connais pas son âge. Elle n’en a pas. Pourtant s’arrêter à ce seul aspect serait se méprendre. Cette douceur incarnée est inversement proportionnelle à la fougue de l’écrivaine à défendre la cause des enfants, des déshérités, des femmes en général et des femmes peuhles musulmanes en particulier, ses thèmes de prédilection. Le jeune Stephens Akplogan, essayiste béninois, m’impressionne par sa maturité, la profondeur de ses analyses. La majorité des jeunes, à son âge (la trentaine), pense à s’encombrer du matériel clinquant ; Stephens court les salons du livre d’Alger à Paris en passant par New-York, le Cap… Bravo garçon, tu as choisi la bonne part ! Sauf que son besoin obsessionnel d’humilité m’inquiète un tout petit peu. La peur d’en manquer (il m’en parla longuement alors que nous rentrions d’une émission de télévision) n’est-ce pas déjà qu’on n’en est dépourvu? En y repensant, il me rappelle ceux que  Charles Dickens nomme les fanfarons de la modestie. Alors Stef, gaffe (rires !). Je suis en outre reconnaissant à ce garçon, « mon fils » comme je l’appelle, de m’avoir introduit, d’abord par son essai (« La transgénéité orale dans la poétique de Gabriel Okoundji »), ensuite en vrai, au grand poète congolais. Quel personnage que cet homme ! Son humilité ne se proclame pas. Elle est au regard, elle est au toucher, à la voix, à l’abord. À son contact, je donne raison à Gide qui dit que la véritable intelligence, c’est celle qui souffre de son insuffisance. Et Okoundji lui-même de confirmer : « douter, c’est faire un pas », autrement dit, avancer avec discernement. Selon lui, la quête de l’intelligence doit être permanente. Bien que son œuvre soit enseignée, qu’elle recueille un bel écho au-delà de l’Afrique, décroche d’innombrables prix, soit traduite en d’autres langues, il continue à ne point se considérer comme un écrivain, à demeurer « un apprenti poète ». Et cela transparait dès le premier contact. Okoundji me réconcilie définitivement avec la poésie qui m’était d’une imperméabilité absolue.

Je ne finis pas de me souvenir de mes camarades auteurs avec qui des relations d’amitiés et de confiance se sont tissées. Comment ne pas me souvenir de Philippe Pango, cadre de la diaspora, qui retourne à sa Côte-d’Ivoire natale après tant d’années au Canada ? Il devient écrivain « par hasard » comme si…De son exil, il tire, des réflexions cumulées et accumulées durant ces longues années, un beau livre concis : « Terminal ». Il est invité au salon du livre d’Alger. Il y chope le virus de l’écriture. Il paraît qu’il ne se couche plus avant deux heures du matin. Tant pis pour quelqu’un que je connais, si c’est pour la bonne cause… Comment effacer de sitôt de ma mémoire l’allure altière du professeur Mukala Kadima-Nzuji du Congo, sa diction claire et nette d’homme de théâtre ? Merci au Camerounais Joseph Fumtim qui, avec nos dévoués hôtes algériens, nous gratifient tous les matins de la chronique du Salon. Joseph est un cas : je ris encore à son ironie indulgente. Il me raconte sur un ton un rien sarcastique les extravagances des filles de Douala et de Yaoundé ainsi que les frasques d’un certain célèbre footballeur. Je garde frais en mémoire ma rencontre avec Jean-Claude et Sophie (l’éditeur et son auteure) du Burkina-Faso. Je n’ai pas le temps d’échanger avec Sophie, poétesse et dramaturge, de ses œuvres. Nous sommes dans la fièvre des événements de leur pays où le « beau » Blaise a fui comme un lapin. Nous en discutons de long en large. Cela aussi est une manière de faire l’Afrique comme nos écrits. Bios Diallo, ce modérateur de talent de nos tables rondes, restera aussi dans mon esprit. Je fais désormais de son proverbe soninké ma tasse de café.

Enfin comment oublier les éditeurs sans qui nous ne sommes. Ils font preuve d’une abnégation admirable. François le Camerounais toujours fidèle au poste, son stand impeccablement dressé, résumant aux visiteurs les livres de ses auteurs avec une concision d’orfèvre. Traoré le malien et son flegme sahélien n’est pas du reste. A tous les autres que je ne pus rencontrer, respects. Ils me permettront d’être un tantinet chauvin et rendre un hommage appuyé à leur collègue togolaise. Madame (politesse) ISSAKA est la directrice littéraire des éditions Graines de Pensées à Lomé, dont le grand intellectuel Edem Kodjo lui-même salue le travail. Yasmin, comme tout le monde l’appelle affectueusement à l’espace Panaf, est de toutes les allées et venues. Elle m’est d’un secours indispensable. Qu’aurais-je pu faire seul dans ce Capharnaüm ? Moi qui connais Yasmin depuis si longtemps, je la découvre sous un autre jour. D’une discrétion fine, à l’Espace, on a recours à elle pour apaiser certaines tensions qui ne manquent pas de survenir entre gens d’horizons différents. D’une intelligence exquise, elle illumine les débats à la radio et à la télévision algériennes. Elle sait trouver les mots justes pour présenter les livres de ses auteurs. Elle m’épate en exposant avec brio, plus que ne je l’aurais fait moi-même, La ballade des misères auquel elle assure un succès certain à ce salon du livre d’Alger 2014.

Qui peut imaginer une seconde que je passe sous silence les médias du pays organisateur ? Ils sont des acteurs importants du SILA. Les journalistes qui pour la plupart n’ont aucun contact avec nous auparavant, étonnent par leur professionnalisme. En l’espace de quelques jours, ils décortiquent les ouvrages et assurent avec les auteurs, des débats de niveau élevé. Franchement, ça change des questions d’une banalité affligeante qu’on nous sert chez nous et qui cachent, du reste, une paresse intellectuelle.

Après cette huitaine d’euphorie, de passion, d’engouement, de rencontres fructueuses, de soirées arrosées – ah tiens celles-là aussi ! – qu’en tirer : deux choses. Pour moi d’abord.  J’obéis à l’injonction d’Okoundji : « Le devoir du poète en moi, dit-il, est de dire aux intellectuels africains : soyez vous-mêmes… soyez simples, n’ouvrez plus jamais ces livres que vous avez trop lus ».  Moi qui avais détourné mon regard condescendant, que dis-je, complexé de la littérature africaine, je me jette sur elle comme le prisonnier libéré sur sa femme après tant d’années de privation. Bien sûr, comme tout bon écrivain, le poète s’exprime ici au deuxième degré. Les Marivaux, Voltaire, Maupassant, Sade, Flaubert, Gide, Steinbeck, Faulkner, Dickens, Toni Morrison, Thomas Mann…restent et resteront, en tout cas pour moi, des classiques incontournables. Mais désormais, Madame Afrique d’E. Ebodé, Trop de soleil tue l’amour de Mongo Beti, Verre cassé d’A. Mabanckou, Virgules en trombe de Sarah Haidar, une belle brochette d’auteurs algériens ainsi que bien d’autres africains et, bien entendu, les auteurs qui comptent dans mon pays, ont une place de choix sur les rayons de ma bibliothèque.  Et, croyez-moi, je ne suis pas moins en chaleur en lisant Hermina de Sami Tchack que Justine ou les malheurs de la vertu de Sade. Je pourrais multiplier les exemples. Et puis comme dit Yasmin avec un bon sens déroutant « Hê, si tu ne lis pas les auteurs de ton pays et d’Afrique, qui te lirait toi ! ». Ça y est, j’ai appris et bien appris.

La deuxième leçon à tirer va à la pensée collective africaine. Elle trace, en ces quelques jours, à l’espace Panaf, des axes transversaux brisant les frontières pour que Ebodé soit familier à l’élève, à l’étudiant, à l’amoureux des lettres togolais, que Okoundji ne soit pas ignoré au Bénin, que les poèmes du jeune Anas Atakora soit déclamés à Kinshasa et à Brazzaville, que les pièces de Kangni Alem soient jouées à Bobo Dioulasso etc. Les éditeurs disent leur volonté de se mettre en coédition. Très bien. Mais comme dit Karim Chikh, le responsable de l’espace Panaf, il faut que « nos engagements s’engagent et que nos discussions se bruitent ». Nous devons faire ce que nous disons et dire ce que nous faisons. C’est surtout que, de ce côté-ci du Sahara, l’on considère définitivement le livre comme un vrai facteur de développement. Le Salon International du Livre d’Alger et la création de l’espace Panaf est un exemple qui n’a pas besoin d’oripeaux pour célébrer la coopération sud-sud. Cependant, elle doit se faire dans les deux sens. J’aime ce proverbe soninké rapporté par l’écrivain mauritanien Bios Diallo : « Si un seul pied dresse la route, le jour où ce pied aura une crampe, la route s’arrêtera, disparaîtra ». A nous aussi de songer à ce type de salon. Quand je dis « nous », je pense aux pouvoirs publics. Sans eux, en Algérie, le SILA n’existerait pas. De plus, nous avons la chance qu’en Afrique subsaharienne, nous avons des regroupements sous régionaux. Ceux-ci pourraient bien être, des tremplins, des cadres appropriés, étant entendu qu’une telle entreprise nécessite de gros moyens qu’un seul pays aura du mal à supporter. Je songe aussi aux éditeurs et aux auteurs dont la contribution en idées serait salutaire. Il convient désormais que tout ce beau monde sorte de sa gangue de torpeur pour saisir le taureau par les cornes. C’est à ce prix que l’esprit panafricain va s’incruster dans les mentalités et alors, alors seulement, l’unité africaine se fera.

Quant à toi Alger ma belle, loin de ces préoccupations, je reviendrai en catimini te prendre, t’enlacer et t’aimer ab vitam aeternam.

AGBA DE LANDA

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