La Mémoire togolaise et la plume de Kpelly

Couverture Pour que dorme AnselmeAu fil des pages de Pour que dorme Anselme me revenaient des vers de l’immense Césaire : « Que de sang dans ma mémoire ! Dans ma mémoire sont des lagunes. Elles sont couvertes de têtes de morts ». J’avais l’intime sensation que la mémoire togolaise me parlait et que le jeune – le très jeune – élève, Anselme Sinandaré,  qui fut abattu par un corps habillé, à Dapaong, au Nord du Togo le 15 avril 2013, nous appelle à quelque chose, au moins à un témoignage !

Copie de Couverture Pour que dorme AnselmeDavid Kpelly, le Togolais de Bamako, a entendu cet appel, j’exagère à peine ! Il suffit de lire ses lettres Pour que dorme Anselme (le livre sort officiellement le 15 avril à Lomé) pour s’en convaincre. Douze lettres adressées au premier ministre togolais qui, à l’époque des faits, a promis une enquête qui ne se fera jamais comme toujours. L’Histoire togolaise est pleine malheureusement de ces drames et le politique togolais s’est fait depuis expert dans l’amnésie de la mémoire comme méthode pour endormir la masse.  Je cite Kpelly :

« Monsieur le Premier ministre, quand, en avril 2013, j’avais décidé de vous interpeller chaque mois pour vous rappeler votre promesse, je savais très bien que mes appels ne feraient rien, ne peuvent rien faire, pour changer votre quotidien. J’étais même presque totalement convaincu que vous ne lirez même pas une seule ligne d’aucune de ces lettres. Mais chaque mois je vous les ai adressées avec la même détermination, avec l’enthousiasme d’un émetteur regardant devant lui un récepteur bien identifié. Douze fois consécutives en onze mois, j’ai fait ce ridicule geste désespéré de parler à quelqu’un qui ne m’écoute pas »

Qu’il a raison, David Kpelly !  Les partisans de l’amnésie de la mémoire n’écoutent jamais. Pour eux, le silence fera taire  les morts, l’Histoire. Sauf que, comme le prouve Kpelly dans ses lettres, Anselme et toutes les autres victimes togolaises, sont devenus des martyrs qui témoignent à travers la plume des vivants. Le politique togolais peut continuer à faire sourde oreille. Les écrits, petit à petit, font leur chemin et comme le dit l’universitaire Apedo-amah cité par Huenumadji  Afan : « Les esprits naïfs ne soupçonnent pas qu’une plume peut engendrer un monde… ». À suivre !

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6 commentaires sur “La Mémoire togolaise et la plume de Kpelly

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  1. Je me rappelle un peut de ce scénario, retracer dans le livre de Kpelly, dont j’étais témoin oculaire. Belle plume du togolais de Bamako. Quand j’ai vu et pris connaissance du livre à l’exposition du colloque à Lomé j’ai versé les larmes

  2. J’ai d’abord cru lire Anselme Ahoomey-Zunu.Aussi loin que j me souvienne,encore moins Tavio Amorin que le jeune Anselme ne me contrediraient sur ce point,l’attente des résultats de supposées enquêtes est éphémère.toutefois,l’art en général,la littérature en particulier st là pour ne rappeler Ke le peuple se souvient et se souviendra tjrs de ceux qui st tombés pour lui.Lumumba l’Émerite,Sankara Thomas,des exemples »vivants ».

      1. J’espère que mon patriotisme n’est pas a ce point exacerbé.j l’espère du moins contagieux.ds le peuple,je mets et les gouvernants et les gouvernés.ms j pense surtout à ma grand-mère ki n’a jamais connu l’école ms ki a mis tjrs tt son Coeur a trimer nuit et jour pour me nourrir.á travers elle me reviennent ts ces visages d’anonymes,là un parent qui vient pleurer au directeur pour que son enfant ne soit pas renvoyé,ici cet autre dt le gosse est a l’hôpital et ki se démène kom un beau diable pour acheter la longue litanie á lui prescrite par le docteur,encore ici ce jeune homme qui erre kom une âme en peine sur le campus de l’université de kara ne sachant s’il aura un jour ce satané diplôme et s’il arrive à l’avoir,ce kil va bien en faire,lui,ki s’obstine à me demander à chaque fois que la connexion de togotelecom le lui permet,si je n’aurai pas un tuyau lui permettant d’arriver aussi en europe.enfin,le peuple,mon peuple,c’est moi,c’est toi,c’est celui là ki est á hong-kong,celui ki est a Phoenix,ts ces compatriotes qui par hasard ou par volonté se retrouvent par monts et par rêves,attendant le poème comme la manne céleste et attendant que Godot daigne tourner son regard vers eux pour qu’enfin ils ne se contentent pas juste de tenir le coup ms qu’ils tiennent pour une fois les rênes de leurs destinées

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